Lorsque le chef de l’Etat a visité le dépotoir de la corniche de Coléah, un ami s’exclame : « Nous avons la chance d’avoir un président comme le Professeur Alpha Condé. Ce Monsieur connait et aime les guinéens. Chaque fois qu’il sort de Sékhoutouréya, il se donne le temps de serrer la main de tous les chefs de familles dont la concession se trouve sur son trajet. Il a le sourire, Il a le temps pour tout le monde. Il faut que les guinéens comprennent enfin la chance que la Guinée a d’avoir cet homme à sa tête» Très émouvant, très beau. Et le chef du pays se sustente de ces clappements et l’apologiste se nimbe de palmes (avant les jeux de Londres). Et dès le lendemain, c’est la lutte au sérail à qui délogera le détenteur de ces lauriers.
Ainsi une dizaine de personnes vivent du sourire et de la bienveillance du chef, elles ont vite fait de lui donner des allures de Zeus. Et ces personnes qui trouvent qu’il n’y a de beau, de responsable et de respectable que dans les attitudes de ce chef, décrètent que Cellou Dalein est trop maigre et Sidya Touré trop petit.
Le problème est que ces encenseurs ne sont pas que de petits d’esprits, mais des gens qui vous exhibent des diplômes. Des gens que l’on a appréciés à une certaine époque au bord de la Seine pour leur esprit critique sur la gestion du pays, des gens qui, à un moment donné se posaient avec anxiété la question de la compétitivité de la Guinée dans la sous-région tant les bouffons se succèdent à la tête du pays.
Aujourd’hui, acceptés dans le sérail pour leur appartenance ethnique ou pour leur fourberie, ils ne se posent plus de question. Ils enseignent à tous : « Nous vivons aujourd’hui dans le meilleur des mondes ». Et contrairement aux pères de familles affamés auxquels le président ne distribue que des poignées de mains, eux récoltent des prébendes.
Pourquoi ne pas alors comprendre que des responsables politiques, restés jusque là dignes et intransigeants dans leurs lignes politiques, émoussent leurs positions, et frappent la porte à Sékhoutouréya… La vie dans la cité est dure… SOS pour la démocratie nationale.
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