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ELHADJ MAMADOU SALIOU CAMARA : Quand la rétractation devient plus haïssable que la dénonciation

2012/5/5

  Décidément, le premier imam de la grande mosquée Fayçal ne sait plus par où donner de sa tête après la grande polémique que sa sortie fracassante contre la gestion du président Alpha Condé continue de provoquer. Visiblement, il doit aujourd’hui être dans la disposition de celui qui regrette amèrement d’être aller aussi loin.

C’est du reste l’impression qu’il donne au vu de toutes les stratégies dont il use aujourd’hui pour essayer d’éteindre le feu qu’il semble avoir imprudemment allumé. Mais ce qu’il ne semble pas encore savoir, c’est que cette tentative de rétropédalage risque de le nuire plus que les dénonciations qu’il à lancées à l’encontre d’Alpha Condé. Parce qu’il pourrait y laisser l’autorité morale dont il était jusqu’ici l’incarnation.

Depuis la sortie du dernier numéro de l’hebdomadaire "Le Défi", le grand imam de la mosquée Fayçal, habituellement très serein et lucide, semble avoir perdu de sa superbe. Il faut dire que ce journal, usant d’un titre particulièrement provocateur, a, dans son dernier numéro repris le contenu d’un sermon que le leader religieux a récemment tenu. Sermon que l’imam avait en grande partie consacré au bilan des deux ans de la gestion du président Alpha Condé.

Ne s’embarrassant pas de gants, Elhadj Mamadou Saliou Camara avait alors clairement affiché sa déception et son désenchantement par rapport à l’espoir qui était manifestement le sien à l’endroit du président de la République. Il s’était notamment désolé qu’à un peu plus de trois ans de la fin du premier mandat du chef de l’Etat, il n’y ait pas encore de routes, du courant ou encore de l’eau. Plein de dépit, il avait notamment déclaré en langue nationale Sosso : « Sessé mou rabakhi ». En français, cela se traduit, "rien n’a été fait".

Dans ces conditions, on se demande bien pourquoi l’imam a-t-il porté plainte contre nos confrères pour le titre "Alpha Condé n’a rien foutu…" ? L’imam prétend n’avoir pas dit exactement les choses en ces termes. Sur ce, il n’a pas forcément tort. Mais le journal non plus ne dit pas que c’est en ces termes qu’il s’est exprimé. Parce qu’il n’y a pas les guillemets qui auraient permis de le dire.

Par ailleurs, ce que l’imam a dit n’a qu’une légère différence de forme avec le titre affiché par le journal. Parce qu’il faut rappeler que lui a dit "rien n’a été fait". Ce qui en d’autres termes peut aussi se dire "rien n’a été foutu", pour un peu de sensation. Pour ce qui est du lien avec le président de la République, il provient du fait que l’imam parlait bel et bien de la gestion d’Alpha Condé.

Mais au-delà de toutes ces nuances, il faut dire qu’en écoutant l’enregistrement du fameux prêche, on a des chances d’écouter des affirmations autrement plus critiques vis-à-vis du chef de l’Etat.

La démarche de l’imam s’apparente donc tout simplement à une stratégie destinée à limiter les dégâts et à étouffer la polémique. Une approche qui se confirme d’autant plus que le second moyen de défense dont use aujourd’hui l’imam, c’est bien de contester le fait que la voix que les auditeurs ont écouté sur les antennes de la radio Espace FM le vendredi matin était la sienne.

Dans son entourage, on se borne aujourd’hui à affirmer qu’il s’agissait là d’une voix d’un autre dont les cordes vocales feraient curieusement croire à la sienne. C’est comme si les Guinéens ne s’étaient pas suffisamment habitués à cette voix pour éviter de la confondre avec une autre. Qu’on nous sert autre chose.

Comme on le voit, le premier imam de la mosquée Fayçal semble vouloir opter pour la solution de la rétractation. Une solution à laquelle il serait contraint de recourir pour éviter que la colère du mis en cause dans son sermon ne s’abatte sur lui.

Mais ce qu’il ignore c’est qu’il y a plus à perdre qu’à gagner. Il faut dire que s’il devait se dédire après un événement aussi flagrant, il risque de se voir dépouiller de la crédibilité et de l’immense respect dont il était jusqu’ici paré par l’opinion nationale dans sa globalité.

En fait, il est question de logique en la matière. A priori, un homme ou une femme dévoué à la religion ne dit que la vérité. Un postulat de base qui amène ceux qui auront entendu le sermon de l’imam à se dire qu’il n’a fait que dire la vérité. Vérité dont se réjouissent les adversaires du président Alpha Condé et devant laquelle ses partisans ne peuvent que se triturer le menton.

Parce que pour tout le monde, ce serait un pêché que d’oser simplement penser ou insinuer que le grand imam de la mosquée Fayçal ait dit quelque chose qui ne soit pas en conformité avec la réalité.

Mais apparemment, le religieux tremble devant le pouvoir politique. Le risque est grand que les fidèles ne voient désormais en lui que quelqu’un qui a préféré avoir davantage peur du pouvoir éphémère qui est incarné par Alpha Condé et qui donc, n’a pas osé assumer les propos qui sont les siens. Un leader religieux convaincu et ayant une foi solidement ancrée, aurait peut-être garder le mutisme tout simplement et demeurer en marge de la polémique.

Au pire des cas, s’il avait publiquement assumé le contenu du sermon, il serait passé aux yeux de l’opinion pour une noble et respectable victime. Ce qui aurait suffi pour que le pouvoir n’aille pas jusqu’à lui faire subir des sanctions. Sans le savoir, c’est le contraire que sa stratégie actuelle risque de lui apporter.

En effet, en se montrant aussi ébranlé, il prête le flan. Dans tous les cas, la voix entendue sur les ondes de Espace fm ressemble trop à celle de l’imam. Mais si la voix est bien celle de l’homme, , la traduction du ''Le Défi''n'aura trahi l'idée qu'en la plaçant à la une du journal. Sinon, c'était le même bonnet blanc.

Houssei Diallo

 
 



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